Film Le cerveau des enfants

Le cerveau des enfants, un potentiel infini

J’ai pourtant appris à lire les étiquettes et les petites lignes sur les contrats. Je ne cesse de recommander à mes enfants de bien lire les consignes. Je me méfie des raccourcis de journalistes et de leurs titres qui ne reflètent pas toujours totalement la complexité des faits qu’ils relatent.

Et pourtant.

En allant voir Le Cerveau des Enfants ce lundi soir, en avant-première, je n’ai pas prêté attention à la base line : “un potentiel infini’.

Je m’attendais à voir un documentaire sur le fonctionnement du cerveau de l’enfant à l’aune des images que nous offrent désormais les instruments perfectionnés d’imagerie cérébrale. Je m’attendais à écouter un Stanislas Dehaene ou l’un de ses confrères.

Il n’en a rien été.

Car ce n’est pas tant du fonctionnement du cerveau des enfants dont il est question ici mais plutôt de tout ce qui peut être mis en œuvre pour rendre les apprentissages plus sereins et efficaces, le cerveau des enfants ayant “un potentiel infini”.

Passée la surprise, j’avoue que je me suis laissée porter par le discours de la réalisatrice, Stéphanie Brillant, journaliste française, mère de deux enfants, désormais installée aux Etats-Unis.

Pour avoir écrit un article sur la discipline positive, je sais que les adeptes de cette pédagogie se verront conforter dans leurs positions. “Je ne les félicite plus sur leurs résultats, mais sur leur progression, cela a eu un vrai impact sur leur appétit du défi et leur capacité à se remettre d’un échec”, explique Stéphanie Brillant lorsqu’on l’interroge sur ce que le film a changé dans sa relation avec ses enfants, elle qui met en avant Carol Dweck, psychologue expliquant que dire à un enfant qu’il est intelligent c’est l’empêcher d’adopter un état d’esprit qui va de l’avant.

Interrogeant des personnalités et experts (américains pour la grande majorité d’entre eux), comme le psychiatre Daniel Siegel, connu pour son modèle de « cerveau dans la main », la réalisatrice nous apprend ou nous rappelle que l’apprentissage passe d’abord par le corps, qu’entraîner son cerveau à l’échec lui permet de devenir plus résilient, qu’il est possible d’exercer sa mémoire, et qu’il est nécessaire de comprendre et de maîtriser ses émotions pour apprendre mieux.

A partir d’exemples made in USA, elle évoque aussi l’intérêt du “learning by doing” et de la méditation pleine conscience, et rend compte d’initiatives intéressantes comme ce projet Harmony qui offre à des enfants défavorisés de s’épanouir grâce à la musique, projet qui a permis de mettre en lumière à quel point une pratique musicale régulière d’au moins 5 heures par semaine pouvait aider le cerveau à apprendre. Car force est de constater que la grande majorité des enfants intégrés au projet Harmony accède à l’université, malgré l’environnement familial dans lequel ces enfants évoluent. Un constat que Margaret Martin, à l’initiative du projet, n’avait pas initialement anticipé.

Film Le Cerveau des enfants

 

 

 

 

 

 

 

Le message du film documentaire est positif. Il est possible d’aider les enfants à apprendre et à s’épanouir. Apprendre en faisant, en musclant sa mémoire, en tirant des leçons de ses échecs, et surtout en maîtrisant ses émotions… Le Momentous Institute, un établissement scolaire basé au Texas qui axe son enseignement sur la gestion des émotions, nous dévoile même comment chaque enfant peut comprendre le fonctionnement de son cerveau afin d’agir en connaissance de cause.

Le cerveau des enfants, un potentiel infini s’inscrit dans un courant qui prône la bienveillance envers les enfants et un respect de leurs rythmes d’apprentissage. Après Une idée folle de Judith Grumbach (qui pose la question du rôle de l’école au XXIème siècle) et Le maître est l’enfant d’Alexandre Mourot (qui nous permet d’en savoir plus sur la pédagogie Montessori), c’est un film à voir. Par conviction ou par curiosité. Pour en savoir plus sur les potentialités de tout cerveau d’enfant.

Le film sort en salle ce mercredi 23 mai.

Film réalisé par Stéphanie Brillant
Titre original : Brainious 
Long-métrage français/américain
Durée : 1h30
Année de production : 2017
Distributeur : Jupiter Films
Sortie nationale le 23 mai 2018

Yaël Landau

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