Visuel Père et fils

La discipline positive : poser une autorité juste, à la fois ferme et bienveillante

Connaissez-vous la discipline positive ?

La fermeté (le respect du cadre), la bienveillance (comprendre, exprimer et valider les émotions de l’enfant avec empathie) et l’encouragement (insuffler de la force) sont les trois piliers de cette approche de la parentalité qui semble très appréciée de ceux qui la mettent en pratique.

Il ne s’agit pas uniquement de parler ici d’éducation positive qui, de manière générale, rime avec bienveillance.

En matière de discipline positive la fermeté est indissociable de la bienveillance, et l’encouragement – qui est à distinguer du compliment – joue un rôle primordial. Les autres notions clés étant la recherche du besoin que l’enfant essaie d’exprimer lorsqu’il se comporte mal ainsi que le développement du lien au sein de la famille.

Développons.

L’encouragement a pour objectif de faire naître chez l’enfant le sentiment qu’il est capable. Il ne suffit pas uniquement de dire “bravo, tu as obtenu une bonne note” mais, par exemple, de dire “bravo, tu as progressé, tu as obtenu une meilleure note que la précédente grâce au travail que tu as fourni.”

 

Encourager plus que complimenter

Les adeptes de la discipline positive relèvent que si les compliments sont appréciés sur l’instant, l’enfant qui les reçoit agit souvent dans le but de faire plaisir à l’adulte qui le félicite. En revanche, les encouragements permettent de mettre l’accent sur le chemin parcouru et, éventuellement, sur celui qu’il reste à parcourir. Les compliments créent une dépendance au regard de l’adulte alors que les encouragements permettent à l’enfant d’être plus fort et de gagner de la confiance en lui, d’être autonome.

 

Comprendre et impliquer l’enfant

En discipline positive, tout comportement a une raison d’être, un but. Un comportement dit inapproprié peut être le signe que l’enfant essaie d’attirer l’attention afin de se prouver qu’il a sa place dans la famille. « Pour faire cesser le comportement inapproprié d’un enfant, nous allons chercher à identifier le but caché auquel répond ce comportement. Ensuite, au lieu d’agir sur le comportement de l’enfant, nous aiderons l’enfant à atteindre son but par d’autres moyens réfléchis ensemble. Nous faisons l’hypothèse que si l’enfant a atteint son but, comme par exemple avoir de l’attention de son parent, le comportement inapproprié cessera, explique Leila de Monclin, formatrice en discipline positive à Paris. Quant aux solutions, elles peuvent être imaginées avec l’enfant, le plus à même à proposer des idées qui lui conviennent. Car si c’est bien aux parents de poser le cadre, l’enfant arrivera d’autant mieux à le respecter qu’il aura réfléchit à la manière d’y parvenir. Ainsi, à titre d’exemple, partir à une heure préalablement fixée pour se rendre à l’école sera d’autant plus aisé que l’enfant aura pensé à quoi faire pour réussir à partir à l’heure (préparer ses affaires la veille, ne pas lire ou jouer le matin, etc.).

 

Développer un sentiment d’utilité au sein du groupe

Se sentir appartenir à un groupe est le fil rouge de la discipline positive. “Donner aux enfants des opportunités de contribuer, d’aider, de participer à un groupe (tâches ménagères, rôle dans la classe, réunions de classes ou de famille, choix limités…) permet d’apporter un changement efficace dans leurs comportements”, rappelle le site de l’association Discipline Positive France. Le but recherché : s’assurer d’un bon fonctionnement des relations internes à l’ensemble. “A chaque fois qu’un enfant aide à la maison, quelle que soit l’importance de la chose, cela lui donne une utilité sociale. Plus il se sent reconnu et valorisé, moins il a besoin de recourir à des comportements inappropriés pour avancer”, explique Béatrice Sabaté, psychologue clinicienne, présidente de l’association dans un article de la revue Pédiatre.

 

Un concept né au 19e siècle et adapté à nos problématiques d’aujourd’hui

Pourquoi ce fil rouge ? La discipline positive est née des travaux du psychiatre autrichien Alfred Adler (1870-1937), modélisés par son disciple, Rudolf Dreikurs (1897-1972). Or, le postulat de base de la théorie dite adlérienne est que l’être humain est un être social qui, pour se sentir bien au sein d’un groupe, a besoin de satisfaire un sentiment d’appartenance et de contribution, Adler décrivant l’être humain comme un être social qui se construit dans et par le lien.

La discipline positive apporte aujourd’hui des outils aux parents en mal de repères ou à toutes celles et tous ceux qui cherchent des méthodes d’éducation différentes de celles qu’ils ont vécues lorsqu’ils étaient enfants. Ce, grâce aux méthodologies développées par deux femmes américaines contemporaines qui ont décliné les concepts adlériens de façon pratique et pragmatique.

Lynn Lott, thérapeute, et Jane Nelsen, docteur en éducation et thérapeute – auteure d’un best seller sur la discipline positive adapté pour le public français par Béatrice Sabaté – ont initié des ateliers, des formations pour les enseignants, des interventions dans les écoles…

Ainsi, des ateliers pour les parents (mais aussi pour les enseignants) sont proposés un peu partout dans le monde. En France, sous  l’égide de l’association Discipline Positive France des cycles de 7 séances sont proposés à toutes les personnes qui recherchent des outils pour les aider à gérer au quotidien la relation avec leurs enfants. Lors de ces séances, chaque participant est amené à prendre conscience de sa situation et à aider les autres. L’information donnée n’est pas un cours magistral. Après la théorie, chacun est mis en situation, notamment à travers des jeux de rôles. Une approche plutôt ludique. A travers des jeux de rôles et des démonstrations, l’expérimentation aide les parents à s’approprier la méthode bien au delà du simple apprentissage par la théorie”, souligne Edna Guccia, formatrice en discipline positive en Essonne. Reste aux familles la mise en pratique, à la maison. Et le droit à l’erreur ? “L’un des principes fondamentaux de la discipline positive est (autant pour les adultes que pour les enfants) que les erreurs sont de formidables opportunités d’apprentissage, c’est en apprenant de ses erreurs que l’on progresse”, note la formatrice.

 

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La discipline positive : une boîte à outils. Focus sur le “Temps de Pause”.

Dans son livre “La discipline positive”, Jane Nelsen propose des outils concrets comme l’instauration d’un temps d’échange en famille (TEF) pour chercher des solutions pour résoudre les problèmes du quotidien, planifier du temps en famille et anticiper les difficultés à venir. Elle préconise un “Temps de Pause” pour les situations où la colère pourrait guider nos actes. Au lieu de réagir au quart de tour à un acte inapproprié de son enfant sous l’effet de la colère, mieux vaut parfois faire une pause – c’est l’outil « temps de pause », expliquait Béatrice Sabaté dans une interview publiée par le site magicman.com à l’occasion de la sortie de la version française du livre de Jane Nelsen. Des études ont montré que lorsque l’on est hors de soi, physiologiquement on n’est plus capable de réagir avec raison. Mieux vaut donc dire à son enfant, par exemple : “tu utilises des mots désagréables. Laisse-moi le temps de me calmer, on en reparle après“. »

 

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Témoignage

« Deux éléments m’ont particulièrement plu dans les ateliers de discipline positive que j’ai suivi avec grand plaisir : les exercices pratiques et les échanges entre participants. A l’occasion des ces ateliers, on se rend compte que l’on est plusieurs à être confrontés aux mêmes problèmes. Et, souvent, nous parvenons à trouver des solutions en sollicitant l’intelligence collective ! L’ambiance conviviale est un réel atout. Les exercices pratiques sont également très utiles pour, d’une part, se rendre compte que « l’on ne fait pas ce qu’il faudrait » et, d’autre part, pour nous donner des clés qui nous permettent ensuite de transposer ce que l’on a appris en atelier à la maison. Une fois que l’on les a intégrés, les outils de la Discipline Positive, sont assez faciles à mettre en place à la maison car ils s’adaptent à énormément de situations. Il faut en revanche être patient car on ne parvient pas à un résultat miracle forcément la première fois, mais parfois si ! Quelques outils que j’ai mis en place à la maison et qui fonctionnent très bien sont par exemple l’implication de l’enfant dans la recherche de solution, l’empathie (“je comprends que tu ne veuilles pas faire ca mais pourtant il va falloir le faire…”), et les TEF ou “temps d’échange en famille” : une petite réunion en famille chaque dimanche qui dure à peine 15 minutes et où chacun commence par faire des compliments ou des remerciements à chacun des autres membres de la famille, le planning de la semaine, la recherche de solution pour un problème et l’activité ludique à faire en famille décidée par tous. Ma fille de 5 ans adore ce moment, dès la deuxième réunion elle avait assimilé l’ordre du jour, et même la petite dernière de 3 ans y participe activement ! »

Fiona, maman de 2 filles (3 et 5 ans), ayant suivi les séances de formation proposées par Edna Guccia, à Bures-sur-Yvettes (91).

 

Pour en savoir plus :

– La discipline positive, de Jane Nelsen, adaptation Béatrice Sabaté (Editions du Toucan, 2012)

– Association Discipline Positive France : http://www.disciplinepositive.fr

– Suivre des ateliers pratiques : pour des ateliers à Paris 5e : leila.demonclin@gmail.com ; pour des ateliers à Bures-sur-Yvette : http://lafamillepositive.com/contact/ ; de nombreux autres ateliers référencés sur le site http://www.disciplinepositive.fr

 

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